Centre Culturel Hâ 32
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Après le samedi théologique du 14 janvier 2017

Retransmission du cours sur le salut donné par le Professeur Valérie Nicolet de l’ Institut Protestant de Paris

 

Nous étions une vingtaine de personnes réunies au Centre culturel Hâ 32 à Bordeaux pour écouter la retransmission du cours donné à l’Institut protestant de théologie de Paris par Valérie Nicolet, professeur de Nouveau Testament et de grec post-classique.

Pour aborder l’exercice, nous étions invités à prendre conscience de ce que nous mettions nous-mêmes derrière la notion de salut, de manière à ce que cette sorte de préjugé ne vienne à notre insu ajouter à ce que disent réellement les textes originels.
En français, le mot salut a une double acception : il désigne la salutation et le fait d’être sauvé. Dans les textes du Nouveau Testament, la notion de salut est donnée soit par le verbe « sôtzô », soit par le nom féminin « sôtêria », soit par l’adjectif substantivé neutre « sôtêrion ». Toutefois ces mots sont peu utilisés, sauf le verbe, qui implique une dynamique, et souvent la notion de salut est rendue par d’autres concepts comme liberté, justification, vie, réconciliation, royaume de Dieu. Mais force est de constater que le concept de salut ne joue pas un rôle fondamental dans le Nouveau Testament.
Plusieurs observations s’imposent :
Les bénéficiaires du salut sont autant des individus que la communauté. Pour les individus, le salut se présente comme la libération d’une puissance négative : guérison du malade, du possédé ou de l’infirme, le plus souvent dans un récit de miracle. Pour la communauté, le salut est exprimé soit comme une restauration du royaume d’Israël, dans ses dimensions politique et sociale de suppression des inégalités (Matthieu, Marc, Luc et Apocalypse), soit comme ouvert aux Nations, également appelées à faire partie du peuple de Dieu, sans devoir devenir juif (Paul).
Les agents du salut sont multiples. Après la résurrection, les disciples sont envoyés poursuivre l’enseignement de Jésus. Pierre est également chargé d’assurer cette continuité. Paul, qui n’est pas disciple, comprend également sa mission comme un prolongement de l’enseignement de Jésus. Il insiste sur le rôle de Jésus comme médiateur du salut, dans la restauration de la paix (shalom) avec Dieu. Les croyants manifestent également par leur conduite leur appartenance à la Bonne Nouvelle.
La nature du salut s’exprime de manière diverse, par référence soit à un contexte judiciaire (le jugement) soit à un contexte rituel de rétablissement de l’Alliance. Cette nature s’exprime selon deux modes principaux, qui, dans les textes, ne sont ni séparés ni exclusifs : une affirmation d’un salut présent (cf Jean I,9-14) ou celle d’un salut venant à la fin des temps et précédé d’un jugement (Matt XXV, 12)
Sur les moyens du salut, le Nouveau Testament comporte des différences irréductibles. Si Jean insiste sur la rencontre du croyant avec la Parole, Matthieu fait des œuvres le critère du jugement, tandis que Paul fonde le salut sur la justification par le foi, dépendant de l’initiative de Dieu.
Au cours du premier siècle, à l’époque où les différents textes ont été écrits, il existait des tensions fortes entre les communautés sur la manière de comprendre l’enseignement transmis oralement jusque là. Lorsqu’au IVème siècle, on a écarté certains textes, cette grande diversité a été réduite, mais elle n’a pas été supprimée.
Un déjeuner partagé a permis de prolonger les échanges dans la bonne humeur et l’écoute


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