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Midi-14 du 12 janvier 2017 – Sur le thème "Communiquer, échanger, transmettre"

Ce que nous communique la ville avec Ingrid ERNST, Urbaniste comparatiste

 

« La cité est un discours, et ce discours est véritablement un langage : la ville parle à ses habitants, nous parlons à notre ville, la ville où nous nous trouvons, simplement en l’habitant, en la parcourant, en la regardant ».
Roland Barthes

L’idée que les lieux s’expriment, communiquent par signes dans un espace, peuvent donc être « lus » comme le texte sur une page, est très ancienne : pour les religions monothéistes, le monde est un livre et le livre est un territoire d’appartenance.

Au cours des années soixante-dix du XXème siècle, le caractère textuel, langagier des villes a été mis en évidence à travers les études des représentations par leurs habitants, puis ces préoccupations ont été oblitérées par la dynamique virtualisante de la production urbaine globalisée.

En effet, dans la spéculation immobilière et l’urbanisme opérationnel actuels, ce sont les acteurs décisionnaires qui communiquent sur la ville et la façonnent par son image, en amont de sa mutation. Par l’analyse articulée du devenir des villes et des livres, je voudrais démontrer comment cette communication actuelle des acteurs, peut capter et vider de son sens profond, ce que la ville concrète, existante communique.

Il s’agit ici de considérer le devenir métropolitain mondialisé comme un processus de détachement de la ville non seulement à l’égard du réel de la vie matérielle des fonctions et des flux, mais aussi à l’égard de l’expression virtuelle des valeurs et du spirituel.

Cependant, depuis peu, l’idée d’une communication autonome des lieux, lisible par ceux qui les fréquentent, reparaît dans les études sur la « ville sensible » dans les nouvelles démarches de développement urbain, appuyée par l’intérêt récent pour les compétences cognitives de « lecture » du monde, des territoires. Mais est-ce alors un nouveau mode de communication paradoxale ou une contribution aux liens d’appartenance des individus à leurs lieux de vie ?

Exemples et images de nombreuses métropoles à l’appui (dont évidemment Bordeaux), cette exploration des mécanismes de ce que nous communique la ville, débouchera sur quelques pistes proposées, tant en ce qui concerne le texte et sa transmission que l’habitabilité du territoire urbain.


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