Centre Culturel Hâ 32
Accueil Qui sommes-nous ? Annonces

Navigation

[ Avertissement : les points de vue développés dans le texte qui suit sont ceux de l'auteur et n'engagent pas le Centre Hâ 32 qui a pour habitude de ne pas prendre parti dans les débats de société qu'il suscite. ]
Soirée avec débat du 31 mars 2016 – Sur le thème "Le corps en questions"

Corps des dieux, corps des hommes dans la mythologie grecque, avec Claude-Gilbert DUBOIS (Professeur honoraire à Bordeaux Montaigne)

 

"La peur que le corps inspire à l’esprit a rendu fous bien des gens", déclare D.H. Lawrence, l’auteur de Lady Chatterley. La mythologie grecque, comme plus tard l’art grec, n’ont pas peur du corps, qu’ils magnifient. La Chair y précède le Verbe.La grande déesse-mère, mater-materia, libère toutes les énergies productrices de vie, engendrant des êtres de chair en évolution. Les dieux, enfants de la déesse-mère, pourvus de pensée organisatrice (le logos) ne viennent qu’après, pour faire de la matière chaotique un univers ordonné (le cosmos). C’est là une conception à base matérialiste, à démarche évolutionniste et à finalité progressiste de l’histoire du monde.

Par contre, la philosophie grecque classique, notamment le platonisme, jusqu’en ces derniers avatars, comme l’hermétisme, fait la démarche inverse. Au début, il y a la Pensée (Noûs, la lumière du jour, symbolisée par Jupiter, accouchant par la tête d’une vierge armée, Athèna, l’Idée). L’Idée se fait projet lisible (logos). Le projet libellé se réalise ensuite, éventuellement, en objet matériel. A chaque étape, le principe d’entropie ou de dégradation aboutit à une perversion de l’Idée dont le dernier réceptacle est le corps, dernier degré d’abaissement, avant la régénération de l’Idée.

Le christianisme reçoit en héritage cette double tradition. Le principe de l’Incarnation a parfois valorisé le corps. Le contraire s’est aussi produit. La Chair n’a été admise que sous une forme sublimée, ramenée à une pureté virginale ou à une intellectualité aseptisée, ou vouée à l’Enfer des désirs inassouvis.


Retour au sommaire