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[ Avertissement : les points de vue développés dans le texte qui suit sont ceux de l'auteur et n'engagent pas le Centre Hâ 32 qui a pour habitude de ne pas prendre parti dans les débats de société qu'il suscite. ]
Après la conférence du 21 mars 2013 – Avec Paolo Antonio Pirazzoli, Directeur de recherche émérite au CNRS, Laboratoire de Géographie Physique, Meudon

Niveau des mers : danger ? Le cas de Venise

 

Dans le cadre du cycle 2012-2013 « Histoires d’eau » le centre Hâ 32
a proposé une soirée le jeudi 21 mars avec

Paolo Antonio Pirazzoli

Directeur de recherche émérite au CNRS

 Laboratoire de Géographie Physique, Meudon

Hausse prévisible du niveau des mers et ses conséquences dans le cas de Venise

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Paolo Pirazzoli

Divers rapports du GIEC (2001, 2007) et le rapport de Copenhague (2009) ont documenté l’augmentation récente des concentrations atmosphériques des divers gaz a effet de serre et la corrélation qui existe entre cette augmentation et les variations de la température globale. Cette augmentation de température fait fondre les glaces continentales et dilate les eaux des océans, avec pour conséquence une élévation du niveau des mers. Les prévisions d’élévation pour l’année 2100 vont de 50 à 140 cm, avec une poursuite probable également au cours des siècles suivants.

Ces prévisions sont particulièrement préoccupantes pour la ville de Venise, construite dans l’eau au milieu d’une lagune, qui déjà dans le passé avait dû lutter contre le phénomène de la subsidence et dévier des fleuves hors de la lagune pour éviter que la lagune soit comblée par leurs sédiments. Depuis la fin de la Sérénissime (1797) diverses actions anthropiques ont contribué à une modification des équilibres hydrologiques et, depuis au moins un siècle, à une augmentation de la fréquence des inondations par la mer (phénomène appelé « acqua alta »).
Après la grande inondation de 1966, une loi spéciale italienne avait prévu en 1984 la possibilité de construire aux passes lagunaires des passages réglables, dont l’étude a été confiée, en situation de monopole, à un groupement d’entreprises privées (Consorzio Venezia Nuova).

Fondés sur des hypothèses qui sous-estimaient la montée prévisible du niveau marin, les travaux pour ce projet, dont la première pierre a été posée par le premier ministre Berlusconi en 2003, ont été depuis poursuivis, malgré une contestation dont le Gouvernement Italien a préféré ignorer les raisons ainsi que toutes propositions de projets alternatifs.
Actuellement toujours en construction, ce projet devrait être achevé au mieux en 2016. Le projet présente de nombreux défauts (comme l’absence d’étanchéité), qui montrent qu’il ne sera pas en mesure de sauvegarder très longtemps la ville contre l’élévation prévisible du niveau de la mer. Il sera vraisemblablement nécessaire de le démolir peu après sa construction, pour le remplacer par un ouvrage étanche de séparation entre la lagune et la mer, dont l’étude n’a cependant pas encore commencé.



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