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[ Avertissement : les points de vue développés dans le texte qui suit sont ceux de l'auteur et n'engagent pas le Centre Hâ 32 qui a pour habitude de ne pas prendre parti dans les débats de société qu'il suscite. ]
Après la conférence du 14 mai 2009 – Avec Thomas Römer, Professeur de Bible hébraïque à l’Université de Lausanne

« La Bible entre mythe et histoire »

 

Dans le cadre du cycle 2008-2009 « Mythes, morts ou vifs ? » le centre Hâ 32 a proposé une soirée avec

Thomas Römer

Professeur de Bible hébraïque à l’ Université de Lausanne

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Thomas Römer

Des découvertes archéologiques récentes et les progrès dans les études bibliques remettent en cause certains fondements historiques des récits de la Bible.

Il apparaît en effet que les premières mises par écrit des textes bibliques ne remontent guère avant la fin du huitième siècle avant notre ère.

Qu’est-ce qui relève alors du mythe ? Quels personnages sont réellement historiques ? Et surtout, comment lire ces textes, si la part de ceux qui sont sans fondement historique est plus importante qu’on ne le pensait ?

La conférence posera le problème de l’historicité des récits sur les Patriarches, de la tradition de l’exode, de la conquête et des rois fondateurs. On s’interrogera ensuite sur la manière dont la bible hébraïque construit sa première histoire d’Israël.


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Histoire Biblique - mythe ou réalité ?

Ci-joint le diaporama projeté pendant la conférence
avec l’autorisation de Monsieur Thomas Römer

A propos de la conférence de Thomas Römer : la Bible, entre mythe et histoire.

« Comme un souffle fragile… »

Thomas Römer, spécialiste de la Bible hébraïque, sait, quand il prend la parole pour traiter de « la Bible entre mythe et histoire », à quel point ses propos vont surprendre, heurter souvent, et interpeller, en tout cas, nombre de ses lecteurs —et d’abord, tous ceux qui la présentent aux enfants, pas à pas.

Si elle n’est pas le récit de témoins oculaires, mais une construction théologique complexe et beaucoup plus tardive que l’on ne pensait, s’il est avéré que le personnage Moïse n’existe pas, que ce n’est pas un lien de filiation qui unit Abraham, Isaac et Jacob, que Jéricho n’a jamais existé, et que le livre de Josué n’est que la contre-propagande démarquée des récits dont les adversaires font une arme de guerre, que croire, que penser, et comment lire ? Que penser de ce que l’on a si longtemps tenu pour historiquement vrai, dont on a si longtemps cru qu’il fallait le présenter comme tel ? Est-ce pour autant « tout faux », ou « rien que des histoires, même pas vraies », comme le disent parfois les enfants ? Comment lire, désormais, les récits des origines ? Comment chercher son chemin vers la Vérité que seule donne l’Ecriture ? —mais le chercher, c’est s’y être déjà engagé, se laisser éclairer par « une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier », c’est cheminer en Vérité. Mais alors qu’est-ce qui heurte ? Le débat, après la conférence, devait soulever de telles questions, donner lieu à tout un tissu d’esquisses de réponses.

Si « Moïse n’a pas existé », « cheminons avec « Moïse dans le récit de l’Exode » . Pourquoi cela serait-il incompatible ? Pourquoi « Moïse n’a pas existé » nous ferait-il craindre de ne plus jamais pouvoir « cheminer avec Moïse dans le récit de l’Exode » —de nous perdre dans les sables du désert ? Ces craintes viennent de la confusion de la vérité du fait et de la vérité du sens, de la vérité de la science et de la vérité du mythe. A l’aide de méthodes et de pratiques de vérification, l’historien établit que Moïse n’a pas existé. Cela ne prive pas de sens ce récit d’Exode, ce mythe dont le héros a reçu le nom de « Moïse »—« fils », ce mythe tout prêt à nous parler dans nos Egyptes, dans nos déserts, de libération et de confiance. D’une toute autre manière, que « Jéricho », soit l’invention des rédacteurs d’une contre-histoire opposant sa résistance à une propagande ennemie, n’empêche nullement de comprendre que l’Ecriture est toujours au risque de lectures qui la transformeraient en une citadelle de violence.

Loin de fêler le « vase d’argile », Thomas Römer, théologien en mouvement, donne à entendre la fragilité du souffle, et son appel à l’accueil du lecteur.

Nadine Lavand


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