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[ Avertissement : les points de vue développés dans le texte qui suit sont ceux de l'auteur et n'engagent pas le Centre Hâ 32 qui a pour habitude de ne pas prendre parti dans les débats de société qu'il suscite. ]
Après la conférence du 8 novembre 2007 – Avec Clarisse Herrenschmidt, Chercheur au CNRS, Membre du Laboratoire d’Anthropologie Sociale au Collège de France

« Aux sources de l’écriture »

 

Dans le cadre du cycle 2007-2008 « L’écrit en questions » le centre Hâ32 a proposé une soirée avec

Clarisse Herrenschmidt, chercheur au CNRS

Membre du Laboratoire d’anthropologie sociale au Collège de France

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L’écriture des langues a été inventée dans un petit nombre de cultures : le Moyen Orient (Irak et Iran), l’Égypte ancienne, la Chine, le monde maya.

Nous envisagerons les pas à pas techniques et intellectuels de cette immense création humaine intervenue vers -3300 en Iran, en particulier à Suse, et à Uruk en Mésopotamie, en laissant de côté les autres cultures créatrices de signes d’écriture.

Et l’on verra qu’écrire fut d’abord une méthode administrative et comptable, pour devenir un art du langage.


« Nécessité fait loi » !

Mme Herrenschmidt, chercheur au CNRS, membre du Laboratoire d’anthropologie sociale au Collège de France, spécialiste de l’histoire des écritures à Suse (Iran) et à Uruk (Irak) est intervenue le 8 novembre dernier. Au menu ce soir là, érudition, passion et humour.
L’écriture naît de l’explosion urbaine (-3600). Les exploitations préindustrielles (plantes, céréales, production d’alcool et domestication) se développement, le travail se complexifie, il devient économie de redistribution. Sa mémoire ne suffit plus à l’Homme, il doit pouvoir garder trace des transactions réalisées. Dans un premier temps, des petits objets en argile de formes diverses (cônes, bâtonnets, …) matérialisent des nombres et des quantités spécifiques, les calculi. L’Homme représente ensuite les calculi, leur forme et leur nombre sur la surface d’une bulle-enveloppe en argile, à côté de l’empreinte du sceau de son détenteur. Ce sont là les premiers signes écrits : des chiffres pour des quantités. Des tablettes en argile viennent plus tard, sur leurs surfaces des chiffres et, avec d’autres signes, la nature des denrées et les noms des protagonistes. Pictogrammes et logogrammes apparaissent. Parallèlement, l’Homme fixe la signification de ces signes dans des dictionnaires. Une base numérale est née qui engendre des nombres mais également des noms de nombres. Mme Herrenschmidt peut ainsi affirmer qu’une base numérale sert à la fois de support à l’arithmétique et à la linguistique.
A la question de l’évolution de l’écriture, Mme Herrenschmidt parle de la fragilité de l’écriture cybernétique qui n’existe que si on l’imprime. Elle souligne la perte de la qualité de la parole, devenue très « plate », nous avons la même manière de nous exprimer avec tout le monde. Elle rappelle que c’est par une situation d’échange que l’enfant apprend à parler et à se construire. Etonnante soirée qui remettait en perspective les 3 dernières conférences données au Hâ 32 !

SandrineNamblard-Deligny

Bibliographie :

Les trois écritures : langue, nombre, code - Clarisse Herrenschmidt - Éditions Gallimard

L’Orient ancien et nous - Jean Bottéro, Clarisse Henrrenschmidt et Jean-Pierre Vernant - Albin Michel

L’Orient ancien et nous. L’écriture, la raison et les dieux - Jean Bottéro, Jean-Pierre Vernant et Clarisse Herrenschmidt - Albin Michel


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