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On l’a dit : notre civilisation, à l’échelle du monde actuel, bégaie dans son rapport au temps. Mais le concept est trop vague ou théorique ou désincarné. « Nous » ? Quel « temps » ?
Par « nous », nous entendrons, toutes familles spirituelles confondues, les cultures du livre. Qu’il s’agisse même des plus délirantes églises fondamentalistes américaines (4 à 6 millions de membres d’églises millénaristes, créationnistes, etc), aux plus violentes formes de communautarisme islamiste wahabite et autres, il y a une référence (certes pour plusieurs devenue folle) à un corpus de textes plus ou moins cohérents et constitué en canons qui sont loin d’être sans communication entre eux. Les Apocalyptiques du Texas lisent des textes que nous étudions sereinement depuis des siècles en Occident. Le désenchantement des grandes histoires messianiques du salut et des lendemains qui devraient chanter laissent notre monde sans horizon d’attente partagée et ceux qui font profession d’espérance cherchent désespérément leurs mots. Il y a un creux constamment comblé d’un excès de célébration, creux qui s’occulte grâce à des ruses avec l’amnésie. Tout se passe comme si un passé peu important nous contraignait à de moins en moins de mémoire. Les peuples du livre répètent leur leçon sans en attendre vraiment le changement qui rendrait leur terre ou leur vie habitables.
Nous allons donc essayer de reprendre les choses au commencement, pas aux origines et à leurs fantasmes. Au moment de la création de ces mythes - au bon sens du terme - qui structurent notre rapport au temps, et notre discours sur le rapport au temps.
La suite de la conférence est lisible dans le document ci-joint.