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Si on pense qu’il serait dans notre société moderne plus difficile d’être père qu’autrefois, c’est qu’il doit y avoir de bonnes raisons de se demander comment on se sert, un temps, de cette fonction paternelle, pour, peut-être et après, réussir à s’en passer.
On entend dire que les jeunes d’aujourd’hui ne respecteraient plus ce qu’ils devraient respecter. Ils adopteraient des positions ou des mots provocants tout en demandant justement, et parfois jusqu’à la révolte, qu’on les respecte. Il y a là un paradoxe qui est au coeur de cette délicate transition qu’est l’adolescence, le moment où l’enfant doit se détacher de l’autorité parentale.
Mais justement où en est-elle cette autorité ? Est-elle toujours la même qu’autrefois dans ce monde moderne où nos enfants ont accès à un savoir ou à des objets de consommation qui les éloignent du savoir transmis par l’Autre qui devrait prendre soin paternel d’eux. Alors ne nous reste-t-il pas à sauver la possibilité de toujours leur offrir des lieux où ils peuvent s’entendre parler de ce qui fait leurs souffrances modernes ?